Victor Hugo inspirateur des surréalistes

Publié le par La rédaction NRP

Par Gaëlle Bebin

L’imagination et le rêve sont visionnaires, chez Hugo comme chez les surréalistes. L’exposition  présentée à la Maison de Victor Hugo à Paris, La cime du rêve, les surréalistes et Victor Hugo (jusqu’au 16 février 2014) met en évidence les correspondances entre les recherches plastiques et poétiques de l’écrivain romantique et d’André Breton, Max Ernst, André Masson, Robert Desnos…

Le texte choisi pour être placé en exergue est extrait de Promontorium somnii, où Hugo évoque le « réel rongé et disparaissant » qui fait apparaître des visions. Le poète plasticien les crée à travers les sujets qu’il choisit de dessiner, comme les châteaux des bords du Rhin, disparaissant en effet dans l’obscurité ou la brume, et rongés par le temps. Ses sujets de prédilection, comme plus tard ceux des surréalistes, laissent surgir des formes indéterminées, « les formes extraordinaires et fugitives, les choses sans nom  (…)  entrevues « dans l’obscur de la nuit » » que la raison renonce à identifier ou s’effraie de reconnaître : animaux ou élément naturels devenant monstrueux par la lumière ou l’angle choisis, ou par leur hybridation. Mais il va plus loin encore grâce aux techniques qu’il utilise, en particulier le lavis, où l’encre déborde toujours de l’idée, qui mène à la puissance de suggestion recherchée. « La rêverie est la pensée à l’état fluide et flottant », écrit encore Hugo. Les taches, pochoirs, frottages, où le hasard est maître et où l’inconscient se révèle, deviendront les techniques de prédilection des surréalistes. « De même que le rôle du poète est d’écrire sous la dictée de ce qui se pense (s’articule) en lui, le rôle du peintre est de cerner et de projeter ce qui se voit en lui » (Max Ernst, « Comment on force l’inspiration »).

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