Vendôme, Arles, Perpignan : les parcours photographiques de la rentrée

Publié le par la redaction nrp

Graciela Iturbide dit justement des peuples indigènes du Mexique : « ce que j’aime chez eux, c’est leur façon de mystifier le banal ». Elle s’est passionnée pour ces cultures minoritaires et leurs impressionnants rituels, et d’autres séries montrent son travail sur des espaces sans hommes où l’on sent une grande fragilité : un jardin botanique  aux multiples protections (barrières, pancartes…), ou la salle de bains de Frida Kahlo, laissée intacte depuis la mort de l’artiste, avec les corsets en plâtre qu’elle devait porter pour soutenir son corps brisé.

Jano, Ocumichu, Michoacán, Mexique, 1980 © Graciela Iturbide

Jano, Ocumichu, Michoacán, Mexique, 1980

Étrangement, l’exposition la plus pédagogique ne figure pas au programme de la Rentrée en images. Incontournable, Amnesty International et les photographes » se trouve au Magasin Électrique, tout au bout du parc des ateliers. Pour ses cinquante ans, Amnesty montre en images une histoire de la lutte pour les droits humains dans le monde entier depuis 1961. Les photographies exposées sont accompagnées de textes qui les replacent dans leur contexte. On revisite ainsi des moments clés où la violence organisée a dévasté des individus et où le courage de quelques-uns a permis de la faire reculer ou, au moins, d’en témoigner. Certaines photos sont devenues des icônes (comme l’étudiant devant les chars de la place Tien an men en 1989), tout comme les visages de Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela.

Les photographies sont éditées dans la collection Photopoche : Droits de regards / 1961-2011 : Amnesty International et les photographes (Actes Sud, 2011).

Sophot est un site consacré à la photographie sociale et d’environnement. On y trouve des dossiers pédagogiques, dans l’onglet « enseignement ». Des expositions sont programmées dans la galerie Fait & Cause à Paris, parmi lesquelles  « Amnesty International et les photographes », du 17 janvier au 24 mars 2012.

La question des droits humains est bien sûr très présente à Perpignan, où les expositions du festival Visa pour l’image sont ouvertes pour les classes du 12 au 16 septembre. Les photojournalistes rapportent les faits non seulement par leurs images mais par le texte qui les accompagne. L’ouvrage Regarder le monde : le photojournalisme aujourd’hui (SCÉRÉN CNDP-CRDP 2011) retrace l’histoire de la photographie de presse et propose par exemple de travailler sur le rapport entre l’image et sa légende. A Perpignan, les élèves sont accompagnés au cours de leur visite par des photographes, parmi lesquels Martina Bacigalupo qui travaille en Afrique de l’Est. Elle expose une série en noir et blanc intitulée « Je m’appelle Filda Adoch » ; les mots qui commentent les photographies sont ceux de cette femme qui a perdu une jambe en marchant sur une mine. Ici, pas de description objective du quotidien d’une Ougandaise victime de la guerre, le visiteur a l’impression de l’accompagner en la regardant travailler et élever sa petite-fille. Visa pour l’image montre les catastrophes naturelles (Japon, Haïti, Bangladesh) mais plus encore les désastres de la guerre, y compris celle qui ne dit pas son nom (en Colombie) ou celle des gangs (au Guatemala, à Los Angeles). La lutte pour la survie est aussi celle des patients psychiatriques chinois qu’a photographiés Lu Nan, laissés presque totalement à l’abandon.

Perpignan © Gaëlle Bebin

Arte et le CLEMI organisent un concours destiné aux lycéens. À partir de séquences qui ont été tournées par des journalistes puis diffusées à l’écran, les élèves créent leur propre reportage en choisissant les extraits qu’ils montent et commentent.

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