Retour sur notre rencontre du 9 novembre

Publié le par la redaction nrp

En partenariat avec la Maison des écrivains et de la littérature

Le matin, les enseignants inscrits ont pu visiter l’exposition consacrée à la Comédie-Française qu’accueille le Petit Palais. Une visite guidée passionnante. Beaucoup se sont promis de revenir avec leur classe…

L’après-midi, sur le thème « Le numérique : nouvel espace d’expérimentation pour la lecture et l’écriture », plus d’une centaine de professeurs et de professionnels du livre ont suivi les interventions d’écrivains, de chercheurs et de praticiens.

Les écrivains, Cécile Portier et Jean-Philippe Toussaint, ont montré comment le numérique a déplacé les frontières de leur écriture. L’écriture numérique « s’exerce, selon Cécile Portier, beaucoup plus facilement dans les interstices, dans les failles, dans les zones encore vides où l’on peut projeter l’écriture vers d’autres formes. Dès que l’on écrit numérique cela devient une évidence qu’il faut travailler aux frontières, questionner le langage mais aussi l’image, le son, et faire de ce travail moins des produits que des expériences. »
Sa lecture d’ « Il y a / il n’y a pas », un jeu d’écriture inspiré par la frappe prédictive des SMS, en a été d’emblée une parfaite illustration.

Jean-Philippe Toussaint, également cinéaste, photographe, plasticien, expérimente aussi dans son travail ces différentes frontières. Il a présenté son site d’auteur sur lequel, entre autres, il archive les états successifs de ses romans permettant ainsi au lecteur une formidable plongée dans la genèse de son œuvre. Une expérience sans précédent dont les professeurs présents ont immédiatement saisi l’intérêt pédagogique.

Dans un second temps, la parole était aux experts. Claude Combet, journaliste à Livres Hebdo, spécialiste de l’édition de jeunesse, a expliqué comment les blogs et le net ont été intégrés à la communication et à la promotion de la littérature pour adolescents, permettant aux éditeurs une réelle proximité et un dialogue avec leurs lecteurs.
Sébastien François, chercheur en sociologie et spécialiste des fanfictions a décrypté les enjeux de ce phénomène venu des Etats-Unis qui amène des lecteurs et des adolescents auteurs amateurs à recréer à leur échelle les pratiques du monde littéraire professionnel. Il a conclu son intervention en proposant des pistes pédagogiques pour un réinvestissement scolaire de ces pratiques d’écriture.
Hélène Bourdeloie, chercheur en sciences de la communication, a rendu compte d’une recherche sur les enjeux de l’apprentissage de l’écriture numérique au collège. Elle a décrit une expérimentation menée en Picardie et analysé plus particulièrement ce qui se joue lorsqu’on met des collégiens en situation d’écriture collaborative.

L’après-midi s’est terminée par deux témoignages sur des expériences menées en classe. Marie-Laure Tres-Guillaume, professeur de Lettres en collège et formatrice TUIC et membre de WebLettres, a détaillé de nombreuses activités mobilisant les Technologies usuelles de l’information et de la communication dans la classe de français (au service de la lecture, de l’écriture, de l’enrichissement du vocabulaire, etc.).
Cécile Portier qui avait ouvert l’après-midi, l’a clos par sa présentation de Traque, traces, un atelier d’écriture qu’elle a réalisé pendant dix mois à Aubervilliers avec des élèves de Terminale. « Cette fiction collective est née d’un pari un peu fou : refaire une ville fictive sous la vraie ville, Aubervilliers. Faire vivre et évoluer tout un peuple, écrit à partir des données qui nous écrivent, nous aussi. » L’idée a été de reproduire, pour s’en jouer, l’activité des divers « sismographes sociaux », mais de le faire sur des personnages fictifs, construits comme des avatars statistiques. Chaque élève participant à ce projet s’est vu échoir un personnage. S’est ainsi constitué un petit « peuple » à la composition homothétique de celle de la population de Seine-Saint-Denis. Chaque élève a ensuite manipulé son personnage en l’engageant dans des histoires, qui n’ont été à chaque fois racontées que par les traces qu’elles auraient pu laisser dans telle ou telle base de données.

Cette expérience d’écrivain en résidence mise en écho avec la présentation que Cécile Portier avait fait en début d’après-midi de son propre travail d’auteur a permis de comprendre la force des mutations que le numérique opère sur le travail d’écriture, tant celui des écrivains que celui des élèves mais aussi de mesurer la fécondité de ce nouvel espace d’expérimentation.

Tout au long de l’après-midi, écrivains, experts, enseignants ont rappelé que devait être mise en œuvre une éducation au numérique pour faire prendre conscience aux « natifs digitaux » ce que portent de risques l’immédiateté numérique, la manipulation des données, la violation possible du droit d’auteur. Mais tous ont aussi donné à voir des potentialités nouvelles et prometteuses pour stimuler la lecture des élèves, leur curiosité, leur créativité.

Quelques photos de la rencontre.

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