Monumenta dansé

Publié le par la redaction nrp

Rencontre avec Marjorie Hannoteaux, danseuse, chorégraphe et pédagogue, qui anime la visite dansée de Monumenta. Ses propositions chorégraphiques alternent avec les moments où les médiateurs font remarquer aux élèves les caractéristiques plastiques de l’œuvre et les sensations qu’elle procure.

Gaëlle Bebin : Quel parcours dansé avez-vous élaboré cette année pour appréhender Monumenta, à l’intérieur et autour de Léviathan d’Anish Kapoor ?

 

Marjorie Hannoteaux : Le parcours des participants commence dans le cœur de l’œuvre et il s’y achève à l’issue de l’expérience un peu initiatique des deux heures d’atelier, avec un regard différent de la première fois, grâce aux sensations accumulées après être montés, descendus, en avoir fait le tour… Au début, on va se laisser un peu flotter dans cet intérieur un peu oppressant, avec une déambulation et des gestes lents, un regard qui se perd dans les lignes. Il y a trois cavités, vers lesquelles on va essayer de tendre, en allongeant le geste le plus loin possible, à l’infini.

À l’extérieur, nous observons le reflet de notre groupe sur la surface de Léviathan, comme une fresque ; le spectateur est inclus dans l’œuvre. En se déplaçant autour, on en suit les courbes comme si les éléments du corps étaient des pinceaux ; avec les coudes, le nez, les doigts, l’épaule… On va s’éloigner, regarder la structure de plus loin, et courir vers elle sans la quitter des yeux, en élargissant les bras comme pour la tenir, obtenant un effet de vertige. On tente alors plusieurs fois de se glisser dessous avec précaution (par la jambe, la tête ou le bras), le plus près possible, et d’en ressortir. L’idée est ensuite de tourner le dos à l’œuvre et d’expérimenter ce qu’on a vécu en utilisant la mémoire corporelle des gestes qu’on vient de faire ; le corps se souvient ! Puis l’exercice se fait à deux : face à face, chacun s’approche et tente de s’insérer avec délicatesse dans un espace vide, une cavité créée par l’autre, sans le toucher.

Après, comme on a découvert que la structure était constituée de quatre parties reliées entre elles, on va, par quatre, reformer une entité qui serait constituée d’éléments qui s’attacheraient puis se détacheraient, avec un moment de tension et de relâchement. Enfin, en cercle, chacun mime un objet invisible dont il imagine la forme, la taille et le poids ; on le porte au-dessus et autour de soi, on pénètre à l’intérieur puis on le passe au suivant.Il s’agit de propositions très simples qui reprennent les fondamentaux de la danse – comme le poids, le saut, le rythme – non par la technique mais par le jeu. On peut même arriver à la composition : en enchaînant tous ces moments traversés, on crée une phrase chorégraphique…

Elèves de 5e du collège Saint-Exupéry de Vanves participant à l’atelier danse © Gaëlle Bebin Élèves de 5e du collège Saint-Exupéry de Vanves à l’atelier

Le site Numéridanse conçu par la Maison de la Danse de Lyon met en ligne des extraits de spectacles de danse filmés, commentés et regroupés par thèmes, parmi lesquels « la danse à la croisée des arts ».

Publié le par la redaction nrp

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *