Pour lancer l’écriture : présentation

Deux suggestions pour une première séance

I. À partir d’une consigne formelle simple

Lancement de la séance et écriture
On dit aux élèves : Écrivez une phrase de plus de huit (ou dix) lignes. Vous avez quinze minutes.
On aura des questions sur la notion de phrase (l’atelier joue son rôle de remédiation) : texte syntaxiquement correct qui peut prendre place entre deux points. On précise qu’il n’y a aucune consigne quant au sujet ni au genre : éviter de trop réfléchir pour « se laisser porter ».
On énumère des possibilités : raconter, décrire, méditer, évoquer, s’adresser à quelqu’un, informer… Si des élèves n’arrivent pas à démarrer, on suggère d’en parler, de mettre en question la consigne.

Lecture orale
On demande au groupe d’écouter en cherchant un titre pour les textes entendus.
Voici un texte d’élève de 3e (Victoria).
Dans le Monde, il y avait un continent, dans ce continent, il y avait un pays, dans ce pays, il y avait une région, dans cette région, il y avait une forêt, dans cette forêt, il y avait des arbres, dans ces arbres, il y avait de la verdure, dans cette verdure, il y avait des branches, sur ces branches il y avait des feuilles, sur ces feuilles il y avait des trous, dans ces trous, il y avait d’autres trous et dans ces autres trous, il y avait une toute petite fourmi qui dormait paisiblement.

Retour
On demande de lire et de justifier les titres, ce qui peut lancer une discussion littéraire. On fait un retour en termes d’analyse : classement générique, procédé dominant. Le texte de Victoria est construit sur une anaphore qui lui donne du dynamisme. La simplicité de l’anaphore (« il y avait ») et la reprise d’un procédé de randonnée (du plus grand au plus petit), la chute sur la « petite fourmi » renvoient à un univers enfantin, faisant du texte une sorte de comptine qui se prêterait à un travail oral. La fi n « dans ces trous, il y avait d’autres trous » joue sur l’absurde. Les qualités majeures du texte : cohérence et dynamisme.

II. À partir d’un texte

Lancement de la séance
On donne les textes de Sei Shônagon reproduits dans la fiche élève (Retrouvez la fiche élève dans l’espace abonnés numériques ou dans la revue papier) puis la liste de titres en taisant l’origine de l’ouvrage. On demande au groupe d’exprimer une réaction spontanée (j’aime ou non, pourquoi) et d’imaginer par qui cela a été écrit. Puis on fait ajouter le nom de l’auteur en précisant qu’il s’agit des Notes de chevet écrites au début du XIe siècle par la dame d’honneur d’une princesse à la cour impériale du Japon. Les élèves s’étonnent souvent d’apprécier un écrit venu de si loin. On tente de comprendre l’efficacité des textes : une forme à la fois structurante et souple avec un titre grammaticalement déterminé (GN expansé) ; une grande variété de sujets ; un mélange de concret et d’abstrait donc de description et de réflexion ; des mini-récits à la grande puissance d’évocation (« une nuit à attendre quelqu’un… maison »).

On propose d’abord aux élèves d’écrire, à la manière de Sei Shônagon, un texte dont le titre sera un de ceux proposés dans la fiche, puis d’imaginer d’autres titres.

Voici des titres d’élèves.
Choses futiles
Choses que l’on aime à pleurer
Choses à cacher au fond d’un tiroir verrouillé
Choses que l’on voudrait vivre

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