La photographie pour les collèges et lycées avec les festivals d’Arles et de Perpignan

Publié le par la redaction nrp

Par Gaëlle Bebin

Visa pour l’image à Perpignan © Gaëlle Bebin

Visa pour l’image à Perpignan © Gaëlle Bebin

Deux festivals de photographie pour la rentrée

Prenant la suite des Rencontres d´Arles, la Rentrée en images se déroule sur une journée jusqu’au 21 septembre. A Perpignan, le festival de photojournalisme Visa pour l´image se prolonge pour une Semaine scolaire du 17 au 21 septembre. Visites des expositions et rencontres avec les photographes sont gratuites sur inscription pour les classes et les professeurs qui les accompagnent.

 


Arles

Les propositions pédagogiques de la Rentrée en images comprennent notamment une visite guidée par un médiateur de trois expositions dans les gigantesques espaces des anciens ateliers SNCF. Là, de jeunes photographes formés à l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles sont à découvrir.

Sunghee Lee photographie d’immenses panneaux d´affichage vides, des surfaces où se reflète l’inanité d’un message, impression renforcée par l’étrangeté de telles constructions dans le paysage. Ces écrans ouvrent aussi un espace de méditation.

Chez Aurore Valade , des surfaces blanches sont installées dans des intérieurs contemporains, au milieu d’une cuisine ou d’un salon au milieu desquels pose l’habitant des lieux. Le blanc est le fond neutre devant lequel se détache le modèle à peindre ou à photographier. On a l’impression de surprendre le hors-champ du portrait, en voyant les objets quotidiens et, au-delà, la vue par la fenêtre. Parmi ces objets, il y a des livres, des journaux, des magazines sur lesquels des mots apparemment visibles par hasard (un intitulé d’article, un slogan publicitaire) donnent son titre à la photographie. Ces formules prennent alors une ampleur nouvelle : elles définissent notre univers intime.

Joséphine Michel se livre explicitement à une étude du blanc. Souvent, dans la série Halfway to White, quelque chose d’éblouissant fait écran et le sujet de la photo devient cette difficulté à voir à cause de la lumière elle-même.

Toujours dans la Grande halle, il faut se diriger vers les photographies en noir et blanc d’Erwan Morère, des terres sous le ciel, de grands espaces presque vides qui pourraient servir d’introduction à la très belle rétrospective de Pentti Sammallahti exposée au Magasin électrique. Ce sont à nouveau des paysages nordiques, habités ici par la présence mystérieuse des animaux qui y règnent.

 

 

Javier Perez, Mascara de seduccion II, 2008

Javier Perez, Mascara de seduccion II, 2008

 

Parmi les activités à choisir ensuite par le professeur, est prévue notamment une visite guidée de l´exposition « Acte V » au musée Réattu. À voir jusqu´au 31 décembre 2012, « Acte V » est un parcours dans les salles de l´ancien Grand Prieuré de l´Ordre de Malte, devenue au XIXe siècle la résidence d´un peintre, Jacques Réattu. Des œuvres d´art contemporain, objets et photographies, résonnent entre elles. Le masque de Javier Perez, tressé de fils rouges, ramène l´intérieur (les vaisseaux sanguins) vers l´extérieur tandis que le visage sculpté photographié par Mimmo Jodice semble s´avancer vers nous.

Les objets et les lieux (les espaces du musée lui-même) sont habités.

 

Nancy Wilson-Pajic, Morrigane, 2003

Nancy Wilson-Pajic, Morrigane, 2003

 

La robe, sur la photographie au nom de déesse irlandaise, Morrigane, laisse une empreinte lumineuse presque surnaturelle ; certaines œuvres éphémères ne sont plus visibles que grâce à leur trace photographique, comme l’anamorphose de Georges Rousse sur les murs du musée ou la Sculpture for a moment de Ton Swerver. Ailleurs, le fauteuil Rhyzotopia se laisse envahir par une racine et d´autres métamorphoses s´opèrent tout aussi mystérieusement, dans la statue végétale du Vanuatu et dans les photomontages de Jerry Uelsmann.

Les œuvres de Sophie Calle exposées cet été à Arles sont, elles, montrées jusqu’au 27 octobre à la galerie Perrotin à Paris. Deux séries sont associées pour composer une belle méditation sur l’image, « pour la dernière et pour la première fois ». Dans Voir la mer, des vidéos montrent des hommes et des femmes de dos, devant le rivage. Ils se retournent ensuite face à la caméra et nous voyons les yeux qui ont vu la mer pour la première fois. La Dernière Image met en regard image et texte : le visage d’un aveugle, un paysage ou un objet d’un côté, et de l’autre le récit de la manière dont cette personne a subitement perdu la vue et ce qu’elle a vu pour la dernière fois. Celle qui a usé ses yeux sur des tapis a esquissé le dessin maladroit d’un motif, celui sur lequel elle travaillait alors. Pour celui qui a été victime d’une agression, ce sont les traits de son bourreau qui lui sont restés en mémoire, effaçant les visages de sa propre famille. On pense à ces vers du poète croate Ivan Goran Kovacic : « La dernière lumière avant la nuit terrible / Fut l’éclat fulgurant du couteau, et le cri / Qui demeure à jamais blanc dans la cécité / Et la blanche, blanche peau de l’exécuteur ».

Publié le par la redaction nrp

2 réponses à La photographie pour les collèges et lycées avec les festivals d’Arles et de Perpignan

  1. gudule dit :

    Superbes photos. Le festival est à conseiller, en effet. Une bonne occasion de découvrir quelques très beaux lieux perpignanais…

  2. gudule dit :

    Superbes photos. Le festival est à conseiller, en effet. Une bonne occasion de découvrir quelques très beaux lieux perpignanais…

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