Enfance et adolescence dans « Collège au cinéma »

Publié le par la redaction nrp

Cette année, viennent s’ajouter au programme des 4e/3e deux films, This is England de Shane Meadows (2006) et L’Apprenti de Samuel Collardey (2007), qui tracent l’évolution de la personnalité d’un jeune garçon privé de la présence d’un père, dans deux univers très différents.
Dans le premier, Shaun,12 ans, vit avec sa mère dans une petite ville déshéritée du nord de l’Angleterre et souffre de l’absence de son père, tué à la guerre des Malouines. Il trouve un soutien dans l’amitié d’une bande de skinheads plus âgés qui lui permet de s’affirmer et de vivre des expériences précoces, jusqu’à ce que certains décident de s’engager dans des actions nationalistes et racistes. Le parcours de l’enfant, marqué par le besoin de s’identifier à des modèles et de faire partie d’un groupe, passe par toutes les étapes de l’embrigadement à la prise de conscience, lors d’un drame décisif. Le réalisateur a été lui-même été skinhead et reconstitue la complexité de ce mouvement au moment où la frange la plus extrémiste se sépare des héritiers du mouvement apolitique originel des années 60 (associé à la musique reggae jamaïcaine), en commençant à dériver vers l’extrême droite. Shane Meadows avait le même âge que le personnage de Shaun lorsqu’il fut le témoin d’une agression comme celle qu’il montre à la fin du film.

Paul et Mathieu dans L’Apprenti, image extraite du film

Paul et Mathieu dans L’Apprenti, image extraite du film

Dans L’Apprenti, Mathieu, 15 ans, est élève dans un internat pour apprendre le métier d’agriculteur. Il travaille en alternance dans une ferme dont l’exploitant, Paul, devient en quelque sorte un père de substitution, le dialogue avec son père biologique étant pratiquement inexistant. La construction de l’adolescent au cours de cette année scolaire se fait aussi au travers des contraintes et des découvertes liées à l’apprentissage d’un métier. Le réalisateur a vécu la perte de son père à l’âge de 13 ans, et il est originaire de la région du Haut-Doubs qu’il filme. Le rapport entre réalité et fiction est singulier : les scènes sont basées sur des improvisations dans lesquelles les acteurs non professionnels jouent leur propre rôle, après avoir été choisis en fonction d’un scénario conçu à l’avance.

Publié le par la redaction nrp

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