Chefs-d’œuvre au Centre Pompidou-Metz

Publié le par la redaction nrp

Par Gaëlle Bebin

Centre Pompidou-Metz, galerie 2 © Gaëlle Bebin

Il n’est pas trop tard pour découvrir l’exposition inaugurale du Centre Pompidou-Metz, qui revisite l’idée de chef-d’œuvre à travers le temps. Même si certains d’entre eux ont dû regagner leur collection et que la galerie 3 a fermé pour accueillir bientôt un projet de Daniel Buren, « Chefs-d’œuvre ? » se visite encore jusqu’au mois de juillet, et le magnifique accrochage de la galerie 2, qui vaut à lui seul le déplacement, est même prolongé jusqu’au 7 novembre 2011.

L’exposition se déploie dans trois espaces à la scénographie étudiée.

Dans la grande nef, « Chefs-d’oeuvre dans l’histoire » est un rapide parcours chronologique, qui explique comment la notion de chef d’œuvre a évolué. On passe ainsi de la pièce d’artisanat médiévale parfaite aux scandales esthétiques de la modernité. Tout commence par un rappel de l’étymologie et de l’évolution dans les langues romanes du mot lui-même. Ainsi, en partant de « chef », nous arrivons à caprice, chavirer ou inachevé… La question de l’impossibilité du chef d’œuvre est d’ailleurs présente dans une petite salle consacrée au Chef-d’œuvre inconnu, et on retrouve Balzac un plus loin, à travers le moulage en plâtre par Rodin de la robe de chambre qui a servi à créer sa fameuse sculpture de l’écrivain. A l’inverse de la figure balzacienne de Frenhofer, l’artiste maudit qui épuise son génie et finit par défigurer sa toile, Picasso, avec son talent prolifique, se montre à travers des œuvres en train d’être créées, dans le film de Clouzot, Le mystère Picasso. Et en levant les yeux, on aperçoit l’exposition reflétée par un grand miroir, indiquant que c’est le spectateur, finalement, qui détermine ce qui est chef-d’œuvre.

La deuxième partie de la visite se déroule dans la galerie 1, qui présente essentiellement des œuvres du XXe siècle. Les films sont très présents dans l’exposition, où l’on peut voir par exemple le court Entr’acte dadaïste de René Clair (1924), qui exploite les procédés propres au cinéma, contre-plongée, ralenti, surimpression, pour créer des enchaînements étranges et des situations burlesques, avec la participation de Man Ray, Picabia, Duchamp et Satie. Certains rapprochements intéressants peuvent être faits entre les oeuvres, notamment à propos de la représentation de la danseuse, avec Joséphine Baker IV, un mobile en fil de fer de Calder, le Portrait d’une danseuse de Miró (réunion d’une plume, d’un bouchon de liège et d’une épingle à chapeau) et une sculpture de Julio González, L’ange, L’Insecte, La Danseuse. Juste à côté, le peintre futuriste Severini juxtapose les plans colorés pour créer le mouvement dans La Danse du pan-pan au « Monico ».

Photo : Centre Pompidou-Metz, galerie 2 © Gaëlle Bebin

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