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Corona-poèmes par Emmanuel Parmentier

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Professeur documentaliste, Emmanuel Parmentier nous a confié quelques-uns de poèmes qu’il a écrit durant le confinement pour vous les partager. Des réflexions poétiques sur ce que nous traversons actuellement.

Tout d’un coup
Tout d’un coup,
Les usines qui s’arrêtent de cracher, les canons d’éructer,
La Bourse de boursicoter.
La Terre qui s’arrête de tourner.
Le monde entier suspendu à son écran
Découvrant un drôle de virus
Mal intentionné.
Tout d’un coup,
Aux armes citoyens !, la liberté encagée.
Juste le droit de vivre dans quelques mètres carrés.
Tout ce temps devant nous
Qui nous fait du pied de nez.
Comment rattraper le temps perdu
Quand on n’a plus à courir après ?
Tout d’un coup,
Nous, plus que nous,
Seuls au monde dans notre chez-nous.
Nous qui vivons côte à côte
Et pourtant si éloignés,
Nous qui allons devoir réapprendre
À nous apprivoiser.
Tout d’un coup, un tout petit virus,
Et la machinerie folle du monde stoppée,
Une Terre à bout de souffle qui recommence à respirer,
Une vie au ralenti qui nous fait nous retrouver,
Peut-être même un nouveau monde en train de germer.
Un tout petit virus
Pour une pause qui s’imposait.

Des héros et des dieux
Soudain les projecteurs s’étaient éteints
Et les jeux avaient brutalement pris fin
La nuit avait tout recouvert
Les dieux du stade, impuissants, avaient rejoint
Le plus vite possible leur famille
En espérant comme tous se mettre à l’abri
Mais toi, maman
Toi si douce et si menue
Qui prends grand soin de tes patients
Et toi, papa
Toi qui fais que nos rues
Ne soient pas envahies par les rats
Vous qui n’avez pourtant rien de géants
Vous qui n’attirez pas les sponsors
Vous continuez à faire votre métier
À affronter la vie dehors
La peur au ventre mais le coeur vaillant
Avec ce mal qui avance masqué
C’est vous qui portez
Le monde de vos petits bras
Vous qui empêchez que notre humanité
Ne perde totalement pied
Et je suis fier, si fier…
Les héros ne sont jamais là
Où on les attend

Le joli mai
Après un mois d’avril
Où on a tous perdu le fil,
Où le soleil guilleret
Par la fenêtre nous narguait,
Arrive mai, le joli mai,
Le mai enfin déconfiné.
On va pouvoir faire ce qu’il nous plaît :
Retourner travailler pour payer le loyer
(On va même travailler davantage,
Il paraît que c’est bon à notre âge),
Retourner à l’école pour étudier
(Par contre, les récrés, il faut oublier :
Jouer à un mètre, c’est compliqué).
Ça va être un mai comme on n’en verra jamais !
On va faire ce qu’il nous plaît,
Et même un peu ce qui est prohibé.
Après avoir été des lions en cage,
Masques ou pas, vive la liberté !
Mais attention au joli mai,
Que ce ne soit pas un mirage :
Ce serait quand même dommage
De finir enfermés tout l’été…

 

 

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Dossier « Les professeurs au front »

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Retrouvez tous les témoignages de vos collègues via les liens ci-dessous et n’hésitez pas à partager vos expériences dans les commentaires et sur la page Facebook Des profs et des lettres

 

 

Épisode 1 : Laurence, à Nantes, continuer, s’organiser, imaginer

Épisode 2 : Elvire, en région toulousaine, produire un journal du confinement


Épisode 3 : Natacha, à Bordeaux, enseigner pendant l’apocalypse virale

Épisode 4 : Anne, à Saint-Raphaël

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Revue – Mai 2020

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Les professeurs au front – Épisode 4 : Anne, à Saint-Raphaël

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Dès le premier jour de la fermeture des établissements scolaires, de la maternelle à l’université, les enseignants se sont mis en ordre de bataille. Depuis leur salon ou leur bureau, ils ont fait de ces écrans qu’ils critiquent souvent des alliés pour poursuivre le travail commencé, et surtout ne pas rompre le lien. Trois professeurs de lettres racontent.

Épisode 4 : Anne, à Saint-Raphaël

Je me suis dit que c’était l’occasion de faire travailler mes élèves à l’écrit.

J’ai donc partagé avec mes quatre classes un drive dans lequel je poste des ressources et des devoirs à faire. Nous nous donnons rendez-vous à l’heure du cours sur un GoogleDoc partagé. Nous communiquons via le chat et via un groupe WhattsApp créé par les élèves. Avant le cours, les élèves m’ont envoyé leur travail respectif. Au moment du partage, un d’entre eux est désigné pour poster un extrait de son travail. Les autres, d’abord lecteurs du travail proposé, deviennent pour certains scripteurs en proposant des aménagements. Toutes les modifications sont automatiquement enregistrées et nous voyons qui écrit car le nom du scripteur est visible. Le travail final peut être téléchargé. Mon rôle est de les guider en pointant les manques ou les inexactitudes, je peux poser des questions sur un passage précis du texte ou du travail via les commentaires. Les élèves répondent aux questions puis modifient la proposition en tenant compte des remarques. Ils peuvent faire de même et poster une question précise en surlignant un passage du texte ou du travail proposé.

En une heure, nous pouvons ainsi retravailler entre quatre et cinq productions d’élèves. Le travail de reformulation ou d’amélioration n’engage pas tous les élèves. Certains restent passifs et se contentent de lire les commentaires des autres, mais en tirent, je l’espère, des bénéfices. Je constate que les élèves osent poser des questions et se lancent globalement volontiers, tout en étant respectueux du travail des autres.

Une anecdote : le dernier cours d’HLP a donné lieu à un « jeu de pistes » qui nécessitait que les élèves ouvrent et commentent plusieurs ressources, nous avons travaillé sur un premier document selon les modalités décrites ci-dessus. J’ai donné ensuite rendez-vous aux élèves sur un autre GoogleDoc où nous avons procédé de la même manière puis je les ai renvoyés vers une vidéo postée dans les ressources avant de nous retrouver sur une dernière page commune pour un sujet de réflexion bilan. La classe ayant créé un groupe WhatssApp, nous avons pu garder le contact pour ne perdre personne pendant l’heure et demi de cette séance.

Voici une capture d’écran d’une séance avec des BTS. Les étudiants devaient reformuler des extraits de textes : articles, essais, romans.

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Les professeurs au front – Épisode 3 : Natacha, à Bordeaux, enseigner pendant l’apocalypse virale

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Dès le premier jour de la fermeture des établissements scolaires, de la maternelle à l’université, les enseignants se sont mis en ordre de bataille. Depuis leur salon ou leur bureau, ils ont fait de ces écrans qu’ils critiquent souvent des alliés pour poursuivre le travail commencé, et surtout ne pas rompre le lien. Trois professeurs de lettres racontent.

Épisode 3 : Natacha, à Bordeaux : enseigner pendant l’apocalypse virale

« En tant que chercheuse spécialisée dans la science-fiction, j’appréhendais depuis plusieurs semaines l’arrêt total des cours suite à l’annonce de la diffusion exponentielle du coronavirus. ˝ Quand la réalité dépasse la fiction apocalyptique ˝, comme dirait mon ami et collègue canadien Patrick Bergeron qui vient, quelle anticipation, d’élaborer le dossier « Histoires de fins du monde » pour le numéro de mars de la NRP collège consacré aux catastrophes et cataclysmes.
Dès le premier jour, j’ai constitué un dossier « Cours Corona » dans mon ordinateur et prévenu élèves et étudiants. Évidemment, il faut se servir des outils mis à notre disposition, École directe et E-campus par exemple. Mais un cours écrit en PDF ne remplacera jamais la présence vivante de l’enseignant. Alors on innove : d’abord garder le contact avec les élèves et utiliser leurs réseaux, une page Facebook, un compte Instagram rien que pour eux, pour partager des vidéos et être à leur niveau, presque à leur image, pour établir une communication intergénérationnelle. Ensuite élaborer un planning semaine par semaine pour ne pas les noyer sous une masse de documents. Proposer des supports les plus variés possibles : un cours classique, avec des exercices en auto-correction certes mais aussi des vidéos, des extraits de films, de pièces de théâtre pour exercer une culture transversale. En spé Humanités lettres, je fais lire Les Animaux dénaturés de Vercors, puis un groupement de textes allant de La Fontaine a La Planète des singes, mais aussi un mini dossier sur une comparaison entre le roman de Pierre Boulle et les différentes adaptations cinématographiques, et la réalisation d’une anthologie poétique à partir d’une bibliographie sur le thème de l’animal en poésie.
Profiter de ce temps incertain pour abolir les frontières du cours et ouvrir nos élèves à la culture tout en s’éloignant du cours traditionnel… « Ô Capitaine, mon Capitaine, le temps du confinement est celui qui permet de monter sur les tables et de repousser les murs de la salle de classe ! »

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Les professeurs au front – Épisode 2 : Elvire, en région toulousaine, produire un journal du confinement

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Dès le premier jour de la fermeture des établissements scolaires, de la maternelle à l’université, les enseignants se sont mis en ordre de bataille. Depuis leur salon ou leur bureau, ils ont fait de ces écrans qu’ils critiquent souvent des alliés pour poursuivre le travail commencé, et surtout ne pas rompre le lien. Trois professeurs de lettres racontent.

Épisode 2 : Elvire, en région toulousaine : produire un journal du confinement

« J’ai écrit à tous mes élèves de 4e et de 3e dès le début en leur demandant de tenir un journal du confinement. Ils ont déjà un journal du lecteur et ont une idée de ce que j’attends. Je leur ai cependant préparé un mode d’emploi pour embrayer l’écriture. Après deux semaines de confinement, je sais qu’ils s’y tiennent. Évidemment, c’est un peu répétitif… les journées sont longues en confinement… Je les ai donc relancés en leur expliquant à quel point ce qu’on vit est inédit, et en pariant que leur journal sera un témoignage de premier ordre pour les historiens du futur et pour leurs enfants. Ils entrent dans l’histoire de cette manière-là, par l’écriture. Quand ce sera terminé, j’ai l’intention de réaliser un album que j’éditerai et imprimerai avec les extraits les plus intéressants de leurs textes. »

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Les professeurs au front – Épisode 1 : Laurence, à Nantes, continuer, s’organiser, imaginer

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Dès le premier jour de la fermeture des établissements scolaires, de la maternelle à l’université, les enseignants se sont mis en ordre de bataille. Depuis leur salon ou leur bureau, ils ont fait de ces écrans qu’ils critiquent souvent des alliés pour poursuivre le travail commencé, et surtout ne pas rompre le lien. Trois professeurs de lettres racontent.

Épisode 1 : Laurence, à Nantes : continuer, s’organiser, imaginer

« J’ai mis en place des séances de classe virtuelle une fois par semaine par classe : ça leur plaît, cela permet de s’entendre, et pour les élèves de dire ce que l’on n’écrirait pas forcément par mail ou sur e-lyco [NDLR : l’ENT des Pays de Loire].
La vraie difficulté est de trouver la juste dose de travail, des modalités qui ne mobilisent pas trop l’ordinateur que plusieurs membres de la famille doivent parfois se partager, et qui stimulent les élèves qui ne sont pas portés par le groupe classe et la présence du professeur.
Du point de vue de l’enseignant, comment éviter de passer tout son temps à travailler ? Les premiers jours, j’ai voulu contrôler que chacun avait pris connaissance des messages envoyés ; j’ai donné du travail, j’ai voulu tout corriger et tout renvoyer et je me suis vite trouvée débordée : 10 heures par jour, c’est trop. Au bout d’une semaine, je gère autrement car ils savent que toute l’équipe veille. Je prélève un travail par semaine et par élève environ, je fais réaliser des QCM en ligne sur ce que j’ai donné à réviser, je les renvoie à des pages des manuels numériques que les éditeurs ont eu la bonne idée de mettre en accès libre. J’essaie de trouver aussi le moyen de les responsabiliser car ce peut être à mes yeux l’une des facettes positives, pour certains du moins, de ce travail à distance.
J’ai trouvé un exercice en forme de rallye pour mes Spé Humanités dont la plupart sont peu scolaires : leur faire rédiger un texte mettant en scène la rencontre d’un ou plusieurs personnages arrivés dans un pays imaginaire avec des habitants du lieu. Cela fait suite à l’étude du corpus sur la Lune et à la façon dont les êtres vivants y sont représentés. Ils doivent joindre à leur texte une notice expliquant les caractéristiques des « habitants » qu’ils ont voulu mettre en avant et préciser leur intention (simple dépaysement, éloge, critique). Ils peuvent travailler en groupe – ils communiquent bien entre eux – et chaque groupe m’envoie son travail à la fin de la journée. Je conserve la notice, et j’envoie le texte aux membres d’un autre groupe qui devra faire, à partir de l’analyse de la page, la notice. Celle-ci doit se rapprocher au maximum de l’original. Cela permet de vérifier s’ils ont bien lu les textes et su tirer parti de leur lecture. Ça ne me fait pas mal de lecture mais moins de correction. »

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Vercors, Le Silence de la mer

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La nouvelle de Vercors et le film de Melville, indissociables des activités de résistance de leurs auteurs, sont nés de la situation historique particulière dans laquelle ils ont été créés. Le film rend hommage au livre, et lui est fidèle jusque dans ses différences. La lecture de la nouvelle peut être nourrie et éclairée par les images, les sons, les silences du film. Pour toutes ces raisons nous avons voulu mener de front l’étude des deux œuvres.

La nouvelle de Vercors
Une œuvre de résistance invitant à la contextualisation et à la réflexion
Œuvre de combat, acte de résistance, événement fondateur des Éditions de Minuit, acte de naissance d’un écrivain, ce sobre récit de quarante pages1 est inaugural à bien des égards. Les conditions d’écriture, de publication et de diffusion de la nouvelle sont donc indissociables du message qu’elle délivre. C’est pourquoi nous avons jugé nécessaire de proposer une étude de ces éléments et une remise en contexte historique. Ce type d’approche permet d’accéder à la compréhension d’une époque, de saisir les questionnements et les réactions de l’ensemble des Français pendant l’Occupation. L’importance de la question des valeurs dans l’œuvre : patriotisme, culture, solidarité, liberté, dignité, invite à une réflexion avec les élèves sur ces notions.
Un texte simple mais qui nécessite un déchiffrement
Par ailleurs la nouvelle, brève et dépourvue de difficultés apparentes, demande en réalité une lecture réflexive et une interprétation des signes que constituent les silences, les gestes, les paroles. Le rôle de l’explicitation et du questionnement sur le texte sera donc important pour que les élèves accèdent au sens, souvent implicite, de l’œuvre. Le texte conserve des zones de mystère (l’oncle et la nièce par exemple n’ont pas de nom). C’est le lecteur qui construit le sens. D’où l’intérêt d’une étude accompagnée, nourrie d’activités d’étude de la langue, d’écriture et d’histoire des arts, pour amener les élèves à ce type de lecture.

Le film de Melville
Une œuvre de l’après-guerre à situer dans son contexte
L’adaptation de Melville, tournée en 1947, est à peine postérieure à l’écriture de la nouvelle et s’inscrit dans la période de l’après-guerre. Comme le texte de Vercors, le film est une œuvre de résistant qui défend des valeurs. Notons que les conditions de réalisation ont été difficiles vu l’époque, le refus de Melville de travailler selon les règles en vigueur et l’état de l’opinion peu préparée à voir un personnage d’occupant allemand sympathique. Melville a dû prendre pour décor la maison de Vercors, tourner certaines scènes quasi clandestinement et demander son aval à un jury de vingt-quatre résistants (à qui il a montré le film) pour légitimer la diffusion de son œuvre.
Une adaptation fidèle qui permet d’éclairer le sens de la nouvelle
L’œuvre cinématographique est très fidèle au texte de Vercors dont elle reprend les dialogues, la narration de première personne par une voix off et la plupart des détails concrets. Le film, jusque dans certains de ses ajouts, prolonge la réflexion de Vercors sur les valeurs. Par ailleurs il porte la marque de la période de l’après-guerre, en apportant des éléments de réflexion supplémentaires (référence aux camps d’extermination nazis). L’étude de séquences du film est menée le plus souvent en référence à des passages de la nouvelle mais permet aussi d’initier les élèves à l’analyse de l’écriture cinématographique.

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Romain Gary, Éducation européenne – n°666-2 Janvier 2020

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3e

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4e

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