En Arles, rentrez en images !

Publié le par la redaction nrp

● Pierre Jahan fait l’objet d’une rétrospective au musée Réattu jusqu’au 31 octobre. La visite guidée proposée par la « Rentrée en images » permet de découvrir le talent protéiforme de ce photographe, dont les images prises à Paris ont d’abord une dimension documentaire et poétique, comme « La Mort et les statues », qui montre les alligators de la place de la Nation jetés et démembrés pour être fondus en 1942. On voit ensuite évoluer son travail dans la direction des surréalistes avec des photogrammes, des collages, des photographies à moitié brûlées dans l’incendie de son atelier et exposées telles quelles… Les textes tiennent une place particulière. Sa série « Plain-Chant » accompagne les quatrains de Cocteau, et des photomontages font échos à des textes sur la fin du monde empruntés à La Semaine de du Bartas (« Un jour de comble en fond les rochers crousleront »…). Le musée Réattu a également imaginé un espace appelé « petit musée parallèle modulable » où les enfants et adolescents peuvent s’exprimer en images sur ce qu’ils ont vu.

● Le parcours libre permet, à l’espace Van Gogh, d’observer le travail de la censure en Chine dans les années Mao. Mais aucun commentaire n’accompagne les images, dont les trucages effacent certains personnages ou font apparaître d’autres arrière-plans ; une analyse aurait pourtant été indispensable. Dans d’autres salles, on peut admirer une collection de polaroids tous plus inventifs les uns que les autres, et une série d’autoportraits en noir et blanc ; l’occasion de voir le jeu de l’ombre et du reflet chez des artistes comme Kertesz, Lartigue, ou Brancusi. Au Magasin électrique, la visite est libre également. Patrick Bouchain y expose le travail de plusieurs photographes autour de sa réflexion sur l’architecture (à lire notamment dans la collection L’Impensé chez Actes Sud) ; l’exposition-anniversaire du laboratoire Picto permet de revoir de grands classiques de la photographie (des œuvres de Henri Cartier-Bresson, de William Klein, de Robert Capa…) sur le thème de la complicité ; enfin, l’exposition de Klavdij Sluban nous fait traverser les interminables espaces transsibériens dans une très belle et sombre série marquée par l’épaisseur du froid et l’énigme des visages.

Arles

Exposition « Transsibériades » au Magasin électrique © Gaëlle Bebin

Chez Actes Sud :

Mario Giacomelli, Le noir attend le blanc (2010)
Traverses, la collection photographique de Marin Karmitz
(2010)
Klavdij Sluban, Transsibériades (2009)
Peter Klasen, Oeuvres 1959-2009 (2009)

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