En Arles, rentrez en images !

Publié le par la redaction nrp

Le pass accordé aux enseignants est aussi l’occasion de découvrir deux belles expositions présentées à la chapelle Saint-Martin du Méjean, dont l’une donne à voir quelques 200 photos de Mario Giacomelli accompagnées des poèmes qui l’ont inspiré, comme Dikinson pour la série « Je suis personne », ou Leopardi.  Ces photographies sur les habitants et les paysages de la région des Marches en Italie les font apparaître comme dessinés et même sculptés par la puissance du contraste des noirs et des blancs. Elles composent des séries éblouissantes et presque abstraites dont les titres sont eux-mêmes des poèmes : « Je n’ai pas de mains qui me caressent le visage » (les jeunes séminaristes) ou « La mort viendra et elle aura tes yeux » (les vieillards à l’hospice), emprunté à Cesare Pavese.

En antithèse, l’exposition juste au-dessus, consacrée à Peter Klasen, plonge le visiteur dans une  atmosphère industrielle hyperréaliste : wagons, vannes, crochets, bâches, tableaux de bord, containers, cuves et gazomètres sont photographiés en couleur et agrandis avant d’être reproduits par l’artiste à l’acrylique, quasiment à l’identique. Les mots et les chiffres sur ces objets prennent alors l’allure de signes mystérieux.

Hélas, ni l’une ni l’autre de ces deux expositions ne fait partie du programme de la « Rentrée en images »… Quant à la passionnante collection de Marin Karmitz présentée dans l’église des Frères Prêcheurs, elle a fermé ses portes, juste avant la rentrée !

Dans le programme prévu par la « Rentrée en images » pour les classes (voir le programme), la matinée est consacrée à la découverte de l’image par des médiateurs qui font visiter aux élèves certaines expositions dans le Parc des anciens Ateliers SNCF –  un lieu qui sera dans quelques années entièrement transformé par l’architecte Frank Gehry.

L’une de ces expositions prend l’expression « se faire tirer le portrait » au pied de la lettre. On peut d’ailleurs soi-même en faire l’expérience pratique après avoir observé une galerie de portraits où Eluard, Man Ray, Cocteau ou Simone de Beauvoir tirent avec une carabine de foire au centre d’une cible (ce qui déclenche au même moment un appareil qui prend en photo le tireur). Plusieurs artistes ont réfléchi à ce phénomène de la création d’une image par un impact de balle : Niki de Saint-Phalle le montre dans une vidéo en tirant sur des poches de plâtre remplies de peintures et Rudolf Steiner s’y essaye dans une série de sténopés où le coup de feu crée instantanément le portrait du photographe en train de tirer : le trou laisse entrer la lumière qui impressionne le papier sensible.

L’après-midi, les activités à faire avec sa classe sont « à la carte », mais on ne peut en choisir qu’une. Difficile de se décider entre le temps de visite libre de certains lieux d’expositions, la visite guidée au musée Réattu, un atelier « prise de vue » avec les étudiants de l’École nationale supérieure de photographie, ou  un autre, appelé « Photolittérature », qui consiste à assembler des photographies et des phrases, d’André Breton aux auteurs contemporains, pour tirer un sens nouveau de leur confrontation… Il faudrait pouvoir tout faire !

Publié le par la redaction nrp

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