En Arles, rentrez en images !

Publié le par la redaction nrp

par Gaëlle Bebin

Parc des atelier

Parc des Ateliers © Gaëlle Bebin

Les « Rencontres de la photographie » se prolongent du 3 au 17 septembre 2010 pour les classes. La « Rentrée en images » propose gratuitement, sur inscription, une journée consacrée à la visite d’expositions, à la rencontre avec des professionnels, à des ateliers de pratique, et à l’exploration du patrimoine d’Arles. Au-delà d’un intitulé peu inspiré, « Du lourd et du piquant », ce festival est, cette année encore, l’occasion d’inaugurer l’année scolaire par de belles découvertes.

Chaque été, les professeurs qui ont inscrit leur classe à la « Rentrée en images » ont la possibilité de visiter l’intégralité des expositions ; de l’église des Trinitaires à l’Atelier des Forges, des rapprochements inattendus entre les images peuvent apparaître…

Dans l’église Sainte-Anne, une photo de León Ferrari intitulée « Union libre » superpose un nu féminin et le poème d’André Breton écrit en braille. L’image devient alors presque matière à toucher, faisant écho, au palais de l’Archevêché, à une photographie de Patrick Tosani qui interroge la représentation. Il s’agit d’un portrait flou projeté sur un texte en braille, et rephotographié. L’artiste met en évidence un paradoxe dans cette œuvre : ce qu’on devrait toucher (la feuille de braille) n’est pas en relief, et ce qu’on devrait voir, on ne peut pas l’identifier (le portrait est flou).
Ailleurs, on verra plusieurs fois Pollock revisité de manière détournée : à l’espace Van Gogh, c’est un polaroid montrant un enchevêtrement de filets de guimauve ou de dentifrice de toutes les couleurs, tandis que dans l’Atelier de Mécanique, chez Anne Collier, ce sont de simples morceaux de puzzle dans une boîte blanche qui évoquent les fameux dripping du peintre américain.
Les fantômes lumineux des villes traversent les œuvres de Darius Khondji dans son travail sur le flou, de nuit, quand celles de Ernst Haas les saisissent dans ses multiples captations des reflets urbains, de jour.
Les salles de concert désaffectées et les studios d’enregistrement abandonnés, photographiés aux États-Unis par Rhona Bitner, font penser aux chambres noires, elles aussi, en voie de disparition, présentées à l’Atelier de Maintenance. Ce sont les restes d’un temps où le numérique, dans la musique et la photographie, n’existait pas encore.

Arles

Exposition de portraits de Mick Jagger dans l’église des Trinitaires © Gaëlle Bebin

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