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L’Aube à Birkenau, un livre précieux

Publié le 18 novembre 2021

Pendant une vingtaine d’années, David Teboul, documentariste cinéaste, a enregistré des entretiens avec Simone Veil. Il en a fait L’Aube à Birkenau, un ouvrage avec de nombreuses images, contenant aussi des récits où il présente de manière très personnelle chaque moment rapporté. Publié aux éditions des Arènes en 2019, L’Aube à Birkenau est désormais un beau livre de poche paru chez Pocket le 10 novembre 2021, qui peut être proposé aux collégiens et aux lycéens.

L’Aube à Birkenau, une installation puis un livre
Depuis leur rencontre en 2003 pour réaliser un documentaire sur Simone Veil, David Teboul a engagé une longue conversation avec elle qui s’est poursuivie jusqu’au crépuscule de sa vie. Et pour accompagner l’entrée au Panthéon de Simone et Antoine Veil le 1er juillet 2018, il lui a été donné de créer une œuvre. Ce fut L’Aube à Birkenau, installation en cinq tableaux qui trouve sa genèse dans les propos qu’elle lui a un jour confiés à Birkenau : « Les arbres pour moi surtout sur la route dans certains trajets, il faisait très froid et j’ai le souvenir que ces arbres pris dans la glace, c’était l’un des rares moments où l’on avait un sentiment de beauté. »
Cette œuvre sonore et visuelle, « hommage à la fois au parcours politique exceptionnel de Simone Veil et à la survivante d’Auschwitz »1, honorait la mémoire des millions de déportés raciaux, Juifs et Tziganes.
Un an plus tard, sous le même titre, David Teboul publiait un livre écrit à partir des enregistrements de plus de quarante heures d’entretiens avec Simone Veil.

Des voix et des images
La voix et le visage de Simone occupent la plus grande partie du texte. On y trouve son témoignage très précis sur l’enfance, la déportation, le retour et la vie d’après. David Teboul a également enregistré des dialogues avec Marceline, la plus jeune déportée de Birkenau qui sera l’amie de toujours ainsi que des conversations avec sa sœur Denise. Dès lors, le lecteur n’est plus le destinataire d’un discours mais le témoin d’un amour, d’une amitié, d’une extraordinaire complicité. La douleur fait surgir une émotion plus vive encore, une émotion qu’expriment les portraits en très gros plan où l’on voit les yeux de Simone Veil gonflés de larmes retenues.
En retrait, dans une typographie réservée habituellement aux interventions orales, David Teboul écrit un texte à la première personne pour raconter chacune de ces rencontres et se raconter aussi. Il rappelle les étapes d’une mémoire qui se réveille. Il évoque, comme une scène initiatique, la projection à la télévision du feuilleton américain Holocauste et de la participation de Simone Veil au débat qui l’a suivi, puis il accompagne le livre de souvenirs et de réflexions.
Parce que les voix se répondent et que les images se suivent en se répétant parfois à un détail près, le livre est presque déjà un film.

  1. 1. Présentation par David Teboul de L’Aube à Birkenau, « Œuvre sonore et visuelle en cinq tableaux. Pour accompagner l’entrée deSimone Veil et de son époux Antoine dans la crypte du Panthéon. »

POUR DES ÉLÈVES DES COLLÈGES ET DES LYCÉES
L’Aube à Birkenau pourra être lu en 3e pour répondre à la question « se raconter, se représenter », ou en 2de dans le cadre de l’étude de la littérature d’idées.

UN ACCOMPAGNEMENT PÉDAGOGIQUE SUR LES SITES DE LA NRP
Vous trouverez sur les sites de la NRP une séquence pédagogique pour aborder le livre au collège et au lycée, accompagnée d’un entretien avec David Teboul.